Une partie non négligeable des Suisses aurait déjà redoublé. Cette donnée éloquente témoigne de la véritable tradition du redoublement qui existe actuellement au sein du système éducatif suisse, même si la tendance est à l'heure de la réduction de la non-promotion.
La réponse est non : alors que certains pays comme la Corée du Sud ont littéralement supprimé le redoublement de leur politique éducative, il convient de s’interroger sur la pratique de faire redoubler son enfant et ses impacts sur le parcours scolaire d’un élève.
La question "quand faire redoubler un élève ?" suscite souvent des polémiques entre ceux qui soutiennent son aspect salutaire et ceux qui le critiquent vivement. Si l’on vient de vous faire la proposition de redoubler, il est normal que vous ayez des doutes et des questions. Superprof a donc décidé d’enquêter pour vous sur le redoublement en Suisse, en étudiant notamment les chiffres, son coût, ainsi que ses éventuels bienfaits et dérives.
Le redoublement en Suisse et en chiffres
Durant les trois dernières décennies, le nombre d’élèves redoublants a fortement diminué en Suisse. C'est par exemple le cas du degré primaire, où le pourcentage est très réduit : 1,3%, soit 1 enfant sur 75 (chiffres OFS, 2021) qui redouble. Dans le degré secondaire I, comme vous pouviez vous en douter, le pourcentage est déjà plus élevé.
des élèves qui redoublement au moins une année scolaire
Une précision cependant : qu'il s'agisse des pourcentages déjà donnés ou de ceux qui seront mentionnés plus tard, notamment au niveau fédéral, sachez que vous devez rester prudent.e. Bien que tous les chiffres soient vrais, il peut exister une forte disparté entre cantons, et même entre établissements, selon les cas.

En revanche, il est à noter que les chiffres du redoublement dans le degré secondaire II baissent chaque année. Prenons l'exemple des pourcentages de 2024 sur le collège dans le canton de Genève :
- 1er Collège : 9%
- 2e Collège : 8%
- 3e Collège : 8%
- 4e Collège : 4%
Chacun des cantons a fait des efforts pour réduire le taux de redoublement. L'une des constatations est qu'un fort changement de filière (passage de la filière générale aux filières moins académiques comme l'école de culture générale) est à présent fréquent.
Par ailleurs, les recherches se sont intéressées au taux de redoublement par genre, mais nous n'avons des chiffres solides au niveau fédéral que pour le degré primaire. Souvenez-vous : le taux était de 1,3% en 2021. Cependant, même avec un taux aussi faible, il est possible de remarquer une légère différence selon le sexe :
Les garçons
Taux de redoublement de 1,5%
Les filles
Taux de redoublement de 1,2%
Toutefois, filles ou garçons, quel que soit leur degré d'enseignement, les cours a domicile particuliers peuvent véritablement permettre à un élève de surmonter ses difficultés scolaires et d'accroître sa motivation.
Le débat sur le redoublement et sur la question de quand faire redoubler un élève a toujours déchaîné les passions. Pendant que certains pensent faire redoubler son enfant peut être bénéfique pour l’élève, d’autres soutiennent qu’il se révèle inefficace. Plusieurs études, notamment celle menée par PISA, soulignent plutôt le côté souvent infructueux de la méthode. En effet, les pays ayant un faible taux de redoublement ont des meilleurs chiffres en matière de réussite scolaire.
Les chiffres du redoublement permettent aussi de se rendre compte des réelles inégalités sociales à l’école. Les élèves ayant un parent au chômage ont deux fois plus de chances de redoubler que ceux dont les parents travaillent à temps plein. Cependant, des solutions existent pour lutter contre le décrochage scolaire et permettre à un élève de progresser sereinement en Suisse et ailleurs dans le monde.
En Italie, en Espagne et en Allemagne, la mise en place d’écoles d’été permet aux élèves de bénéficier d’un accompagnement approfondi grâce à des cours de rattrapage pour combler les lacunes. Du côté du Japon, un système de tutorat et de groupe de niveaux offre à l’élève la possibilité d’approfondir ses compétences en impliquant aussi ses parents
Bien entendu, les cours à domicile dispensés par un professeur particulier viennent compléter efficacement l’enseignement de l'école avec une pédagogie individualisée.
Pourquoi accepter un redoublement ?
Prendre des cours à domicile et passer ou accepter le redoublement ? Bien que certains pensent, parfois à juste titre, que faire redoubler son enfant est inutile, il convient de préciser qu’il peut se révéler extrêmement bénéfique pour certains élèves.
Si durant le conseil du deuxième semestre, vos professeurs vous ont conseillé de redoubler, c’est qu’ils pensent que vous pourrez en tirer profit. Cela signifie qu’ils croient en vous et qu’ils sont persuadés que vous avez les capacités de rebondir et de suivre le chemin de la réussite scolaire.

Le redoublement ne doit pas être perçu comme un échec, bien au contraire. Il s’agit plutôt de mettre en place une seconde chance afin de reculer pour mieux sauter. Il faut que la décision d’accepter le redoublement soit mûrement réfléchie et fasse l’objet de longues discussions notamment avec vos parents et avec les membres du corps enseignant.
Pour que le redoublement soit réussi, pédagogique et accompagné de véritables progrès, l'élève doit avoir une vraie motivation pour réussir et ce dès la rentrée scolaire. La non-promotion peut comporter de nombreux bénéfices :
Bénéfice 1
Consolider véritablement ses connaissances et acquérir les bases nécessaires à la poursuite des études
Bénéfice 2
Prendre un nouveau départ en changeant d’environnement
Bénéfice 3
Eviter de se retrouver en situation d’échec scolaire
Bénéfice 4
Accepter ses difficultés pour mieux les surmonter (avec par exemple des cours à domicile)
Le fait de redoubler ne doit surtout pas impacter sur votre confiance en vous et votre estime de soi, bien au contraire. N’oubliez pas que vous partez avec une longueur d’avance sur vos camarades de classe : vous connaissez déjà le programme que vous allez étudier ainsi ce que l’on attend de vous.
Vous pouvez même profiter de cette nouvelle chance qui s’offre à vous pour changer d’option, de filière ou même changer d’établissement scolaire. L’important étant de commencer l’année dans une perspective sereine et dans de bonnes conditions.
Combien coûte un redoublement ?
Voici une réponse simple, claire, honnête et sans langue de bois :
chaque année
Soyez néanmoins rassuré : si l’on propose à votre enfant de repiquer une année, ce n’est pas vous qui allez devoir sortir 800 millions de votre poche. Ou du moins, pas directement. Cette somme incombe bien évidemment à la Confédération, donc à l’ensemble des Suisses à travers leurs taxes.
Le coût du redoublement en Suisse se divise en plusieurs parties :
Degré primaire : pas de chiffres officiels
Degré secondaire I : 300 000 000 chf/an
Degré secondaire II : 500 000 000 chf/an
Une fois encore, n'oubliez pas que ces chiffres sont au niveau fédéral et qu'il est fort à parier qu'une disparité significative existe entre les cantons. De même, vous l'avez comprix, 800 millions de francs par an est un nombre en dessous de la réalité, étant donné que nous n'avons pas les chiffres concernant le degré primaire.

Depuis l’année 2000, PISA évalue les systèmes éducatifs des pays membres de l’OCDE. L’étude de 2016, bien que commençant à dater, a établit à l'époque un constat inquiétant qu'il est bon de connaître :
des élèves scolarisés seraient en-dessous du seuil de compétences requis
Le meilleur score est attribué à la Corée du Sud, un pays qui n’a pas recours au redoublement. Serait-ce une relation de cause à effet ? Dans tous les cas, il est évident que la Suisse comme tout autre pays ferait des économies considérables si elle supprimait le redoublement de sa politique éducative. Les plus de 800 millions de francs par an alloués au repiquage pourraient ainsi être investis dans d’autres branches de l’éducation.
L’alternative pourrait consister aussi à supprimer le redoublement dans le degré secondaire I et II, et le garder pour l’enseignement élémentaire où il coûte sensiblement moins cher. En effet, bien que nous n'ayons pas les chiffres des coûts, nous pouvons émettre cette hypothèse sans difficulté, étant donné que nous savons que c'est là où le taux de redoublement est le plus bas.
L’apprentissage au degré primaire est l’étape de la scolarité où l’on acquiert les savoirs fondamentaux. Plus malléable et plus réceptif, l’élève du primaire doit apprendre à lire, à écrire et à compter. Consolider les acquis à ce moment-là peut permettre d’éviter de se retrouver en situation d’échec scolaire durant l’enseignement secondaire.
Quoi qu'il en soit, le redoublement et la question de quand faire redoubler un élève n’ont pas fini de susciter des débats !
Redoublement : qui a le dernier mot ?
La législation en vigueur en ce qui concerne le redoublement dépend non pas de la Confédération, mais se situe à l'échelle cantonale. Toutefois, n'hésitez pas à vous rendre sur le site de l'EDK/CDIP, qui a publié un résumé de la politique des cantons quant au redoublement durant la scolarité obligatoire, donc degré primaire, y compris l'école enfantine, et secondaire I. Dans tous les cas, il est normal de se demander qui a le dernier mot sur le redoublement d'un élève.
de la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU, c’est aux parents que revient le choix d’éducation pour leurs enfants
Dans les faits, les personnels de l’enseignement ont aussi leur mot à dire sur la scolarité d’un élève, puisqu'à la fin de chaque année du degré primaire, secondaire I et secondaire II, un conseil des maîtres ou des enseignants se réunit afin de se prononcer sur la poursuite du cursus des élèves, sachant que les enjeux sont importants dans le degré secondaire I et II :
Secondaire I
Fin de la scolarité obligatoire + choix de filière
Secondaire II
Choix des options + maturité gymnasiale
Description
Par ailleurs, il arrive que ce soit les parents ou bien l'élève lui-même qui soit à l'initiative de la demande de redoublement, ce qui est une preuve supplémentaire que le redoublement n'est en rien un échec, mais au contraire une opportunité d'améliorer son niveau scolaire, malgré parfois des inégalites n'étant en rien la faute de l'enfant, telles que les inégalités sociales ou encore les inégalités cognitives (ex : dyslexie).
Par exemple, un élève peut désirer sa non-promotion en dernière année de scolarité obligatoire afin de mieux se préparer à l'entrée au gymnase. Dans ce cas-là, faire redoubler son enfant peut être accepté à condition qu'il ou elle montre le sérieux de son projet ainsi que sa maturité émotionnelle.

Vous l'avez compris, le redoublement est proposé à l'issu de conseil des maîtres ou des enseignants du second semestre. Si vous n'êtes pas d'accord, alors vous pouvez faire un recours. Sans surprise, il peut y avoir des variantes selon le canton où vous êtes, mais le schéma reste le même.
Il existe 3 étapes. Rien ne vous force à les suivre toutes les trois. Vous commencez par la première, si vous n'êtes pas satisfait.e du résultat, vous passez à la seconde, et ainsi de suite :
Etape 1
La demande de réexamen auprès de la direction (étape interne à l'établissement)
Etape 2
La saisie de l'instance cantonale
Etape 3
La saisie du tribunal administratif
Quelle que soit l'issue finale, il ne faut pas oublier que le plus important consiste à établir un dialogue constructif qui a pour but d'aider l'élève dans son orientation. Les professeurs, l’élève et les parents doivent réfléchir ensemble au parcours scolaire à poursuivre afin que le redoublement ne soit en rien un échec, mais ait un véritable impact positif sur ses résultats et son niveau scolaire.
Pour augmenter les chances de réussite éducative du redoublement, cette réflexion doit être accompagnée d'un réel effort de l'élève quant à sa scolarité.
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