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Les grands mythes de la religion shintoïste

De Yann, publié le 20/03/2019 Blog > Langues > Japonais > Découvrez les Bases de la Mythologie Japonaise !

Lorsque l’on parle de mythologie, la Grèce et Rome sont souvent les civilisations qui nous viennent en tête. Et pourtant : le Japon, de par sa religion traditionnelle, le shintoïsme (ou shinto), possède un riche ensemble de mythes et légendes qui font aujourd’hui partie du folklore local.

Si le bouddhisme et le christianisme existent actuellement dans l’archipel nippon, les traditions ancestrales shintoïstes ont survécu et sont pratiquées toute l’année. La croyance en plusieurs dieux, elle, s’est éteinte en laissant derrière elle la symbolique des histoires fantastiques du Japon ancien.

Entre samouraï légendaire, monstre terrible et princesses à secourir, le corpus mythologique japonais regorge d’histoires passionnantes !

Découvrez un petit aperçu de ces croyances et pratiques nippones qui pourront vous servir si vous partez en voyage au Japon ou si vous allez vivre au Japon.

Le Shintō : la Voie du Divin au Japon

Histoire de la religion

Quelles sont les croyances et les récits principaux de la mythologie du pays du soleil levant ? Le shintoïsme et le bouddhisme ont longtemps été en conflit avant de devenir complémentaires dans la spiritualité japonaise

Les origines profondes de la religion shinto sont très floues, mais son histoire suit grossièrement l’histoire du Japon. On estime qu’elle fut fondée pendant la très longue période Jōmon (15000/10000 av J-C – 300 av J-C). Il existait alors plusieurs tribus ayant chacune leur panthéon et leurs légendes. Il est possible que lorsque les ancêtres de la famille impériale accédèrent au pouvoir, ils instituèrent leur panthéon et en firent la seule religion officielle.

Avec l’arrivée des bouddhistes au VIème siècle (venu de Chine), les japonais durent différencier les deux religions et donnèrent ainsi le nom de shinto à leurs croyances. Rapidement, les deux traditions se complétèrent, les kami du shintoïsme servant d’aide surnaturelle à l’accomplissement existentiel que promettait la doctrine bouddhique.

Cependant, le shinto devint religion d’État en 1868 au début de l’ère Meiji : on l’appela alors Kokka Shinto, « Shinto d’État ». Cela était dû au fait que l’empereur, de par son lignage, était le descendant direct de la déesse Amaterasu dont il recevait de facto son autorité impériale.

Enfin, après la seconde guerre mondiale, de nombreuses religions furent introduites ou se développèrent au Japon. Néanmoins, la façon de penser shinto subsiste encore aujourd’hui dans le culte des ancêtres et des kamis.

Grands principes shintoïstes

Le shinto est un ensemble de croyances et de rites qui visent à vénérer les kami (les dieux). On peut d’ailleurs le traduire littéralement par « la voie des kami« . C’est une religion polythéiste (plusieurs dieux) encore pratiquée dans la société japonaise par le biais des rituels et traditions, notamment pour les fêtes.

C’est la raison pour laquelle on compte encore aujourd’hui plus de cent millions de pratiquants au Japon !

Dans la mythologie japonaise, comme dans beaucoup d’autres, les dieux représentent des éléments naturels (feu, eau, foudre, vent, soleil, lune, etc). Dans chaque village, on élevait des sanctuaires aux esprits afin de les honorer, de les protéger et pour qu’ils nous protègent.

Il est important de les respecter, sans quoi on se risque à subir leur colère :

« Quiconque ne touche pas à un dieu n’est pas exposé à sa vengeance » – Proverbe Japonais

Ainsi furent mis en place des cultes, des rites, des institutions et des doctrines qui régissaient la vie en communauté partout dans le pays du soleil levant.

Les sources

Il existe quelques ouvrages de référence retraçant les grands mythes japonais. Voici un tableau non-exhaustif :

TitreTraductionDescription
KojikiRecueil de choses anciennesTexte semi-historique contant l'âge des Hommes après celui des kami. Il s'agit du plus ancien livre écrit en langue japonaise existant encore de nos jours
Nihon Shoki ou NihongiChroniques du JaponRécit historique du Japon et de ses origines légendaires, annales impériales
RikkokushiSix Histoires NationalesCorpus de textes compilant l'histoire nippone de ses origines mythiques jusqu'au IXème siècle, comprend le Nihon Shoki et 5 autres recueils
FudokiNotes sur le climat et le solMonographies régionales décrivant la géographie et les coutumes locales dans chaque province nippone
EngishikiProcédures de l'ère EngiRecueil de lois et de règlements, contient les règles d'application de la religion shinto
Kogo ShūiRécolte d'histoires anciennesRapport historique du clan Inbe, description de la mythologie japonaise et histoire nationale

Nous sommes donc très bien documentés sur le sujet !

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Mythologie Japon : la Création du Monde d’après le Shintoïsme

Un univers créé à partir de rien

Quelles sont les légendes et traditions les plus importantes du shintoïsme ? Comme dans beaucoup de religions anciennes, le chaos ou le vide a engendré les premiers dieux de l’univers

A l’origine de toute chose, il n’y avait rien. Du moins, un rien que l’on pouvait qualifier de vide ou de plein. Cette matière étrange fut à la base de toute vie, de tout ce qui devait apparaître. C’est la base de la cosmogonie nippone.

Au centre de ce vide créateur se tenait Ame-no-Minaka-Nushi, « le dieu de l’auguste milieu du ciel », représentant aussi bien le temps, que l’espace et la nature. Il était donc omnipotent !

De ce premier kami naquirent deux autres divinités : Taka-mi-musubi (la naissance) et Kami-musubi (la croissance) qui créèrent la vie grâce au vide créateur. Une dizaine de kami apparurent alors, tous représentant le ciel, la terre et la vie.

De cette génération naquirent le couple le plus important du shintoïsme : Izanagi et Izanami !

Le premier couple divin : Izanagi et Izanami

Izanagi était un dieu créateur, tandis qu’Izanami était à la fois créatrice et déesse de la mort.

Les kami supérieurs confièrent une mission au couple : ils leur donnèrent la lance Amenonuhoko afin qu’ils se rendent sur le pont céleste à la limite entre le ciel et la terre pour y créer la Terre. Izanagi et Izanami s’exécutèrent et voici ce qu’il se passa :

  • Ils plongèrent la lance dans l’inconnu et finirent par créer de l’eau salée,
  • En remontant la lance, des gouttes perlèrent et tombèrent de la pointe : elles créèrent la première île, Onogoro,
  • Le couple de kami s’installa sur cette île,
  • Ils forgèrent un pilier céleste pour différencier le ciel et la terre,
  • Ils firent enfin connaissance, découvrant que le masculin et le féminin pouvaient procréer ensemble.

De très nombreux kami naquirent de cette union jusqu’au jour où le kami du feu (Kagutsuchi) brûla sa mère en naissant. Celle-ci s’en alla pour le monde des morts (Yomi) et son mari tenta de la ramener à la vie. Malheureusement, il n’y arriva pas et se souilla.

De retour sur Terre, pour se purifier, il se lava le visage et du contact de l’eau et de son visage naquirent les kami les plus importants après eux !

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Mythologie japonaises : les Principaux Kami de la religion nippone

Le terme de kami signifie « celui qui est placé en haut » ou tout simplement « divin ». Nous parlons donc ici des dieux et déesses, à l’image des dieux de la mythologie grecque. Il en existe une infinité mais certains se dégagent par leur place dans les mythes et leur fonction existentielle pour les Hommes.

Amaterasu

Amaterasu était le kami féminin qui naquit de l’œil gauche d’Izanagi au contact de l’eau. Elle était la déesse du Soleil, comme le suggère son appellation de « Grand Kami Impérial Illuminant le Ciel ». Elle reçu de son père la fonction de diriger le ciel, ce qui lui valut un autre de ses surnoms : « Altesse de la Plaine des Hauts Cieux ». De plus, elle reçu le collier Yasakani no magatama, faisant aujourd’hui partie du trésor impérial japonais.

Cette kami est essentielle aux Hommes comme en témoigne un mythe dans lequel elle se cacha pendant plusieurs jours suite à un affront de son frère, Susanoo. Le monde n’avait alors plus aucune lumière. Heureusement, la coalition des kami arriva à la faire sortir et ainsi la Terre fut éclairée de nouveau.

Tsuki-Yomi

Tsuki-Yomi, aussi appelé Tsukuyomi, était le kami masculin qui naquit de l’oeil droit d’Izanagi au contact de l’eau. Il était le dieu de la Lune ainsi que de la nuit. Lui et sa sœur Amaterasu vivaient au ciel. Il reçut de son père le Royaume de la Nuit.

Susanoo

Qui sont les dieux et déesses des mythes japonais ? Susanoo combattant le terrible Yamata-no-Orochi !

Susanoo (pouvant aussi s’écrire Susano-wo) était le kami masculin qui naquit du nez d’Izanagi au contact de l’eau. Il était le dieu de l’orage et des tempêtes, seigneur de la force et de la fougue. Dès sa naissance, il était adulte et possédait une longue barbe. D’un naturel bougon et capricieux, il montra vite qu’il avait mauvais caractère. Il reçut de son père de diriger les mers et donc les terres qui étaient sur l’eau (îles, continents, etc).

Déçu de ne pas être au ciel, il jalouse son frère et sa sœur. Comme dit le proverbe japonais :

« L’oiseau en cage rêvera des nuages »

Guerrier colérique et très viril, Susanoo fut impliqué dans de nombreuses histoires dans lesquelles il combattit des créatures, des démons et sauva les Hommes. Ce fut sa descendance qui engendra les premiers empereurs du Japon.

D’innombrables dieux

Il est impossible de lister tous les kami existants, sachant qu’il y en aurait près de 8 millions ! Cependant, voici un aperçu des dieux majeurs et mineurs du shinto :

NomFonction
HachimanDieu de la guerre et protecteur du peuple japonais
OmoikaneDieu de l'intelligence et de la réflexion
InariDieu du riz et de la fertilité
Saruta-HikoKami dirigeant les autres kami terrestres et gardien du pont du ciel
KagutsuchiKami du feu
RyujinDragon, dieu des mers
RaijinDieu de la foudre, du tonnerre et des éclairs
FujinDieu du vent
TenjinDieu de l'érudition
FutsunushiDieu des épées
Kikuri-HimeDéesse protectrice
Ame-no-UzumeDéesse de l'aurore et de la réjouissance
Kushinada-HimeDéesse du riz et femme de Susanoo
Toyotama-HimeMère du premier empereur, Jimmu
Uke-MochiDéesse de la nourriture
Amatsu-Mikaboshi(Un ou plusieurs) Kami qui représente(nt) le mal
Enma-ōRoi de l'Enfer

A ceux-là il faut ajouter les kami cités plus haut et d’innombrables autres entités personnifiant chaque chose du monde.

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Les esprits du mal dans le shintoïsme

Quelles sont les créatures légendaires des mythes japonais ? Les monstres et démons japonais sont carrément flippants !

Les Oni

Dans le folklore japonais, il n’y a pas que des dieux et des héros. Comme dans toutes les religions, les forces du mal existent et terrorisent les humains. Certaines d’entre elles sont appelées Oni : de forme humanoïde, ce sont des créatures ressemblant généralement à des trolls ou à des ogres. Ils sont majoritairement gigantesques et vraiment hideux. En français, on peut traduire Oni par « démon » ou même « diable ».

Dans les légendes, les Oni causent souvent des désastres ou des maladies aux mortels. Au départ, on les pensait invisibles et très monstrueux, bien loin de leur aspect anthropomorphe qui ne fit son apparition qu’au contact du bouddhisme. Ils sont ainsi rapprochés des rākshasa au physique proche.

Parmi les Oni les plus célèbres, nous pouvons citer Ibaraki-Doji ou Shuten-Doji.

Énormément représentés dans la culture populaire (mangas, jeux vidéos, littérature, arts), les Onine peuvent attaquer les mortels tant que les temples divins font rempart. En bref, ce sont les grands méchants de la mythologie japonaise !

Les Yōkai

Signifiant littéralement « esprit », « fantôme » ou « apparition », les yōkai sont l’équivalent des créatures fantastiques des autres mythologies ou simplement des mauvais esprits. L’un des synonymes du terme est mononoke, qui signifie « monstre ». Techniquement, les Oni peuvent être considérés comme des yōkai, mais leurs spécificités les en distingue souvent.

Les yōkai ont de très multiples formes  dans la mythologie nippone, notamment animales, dont voici quelques unes :

  • Kappa, un monstre marin mi-tortue, mi-canard et mi-humain,
  • Kitsune, un esprit de renard,
  • Tanuki, un esprit de chien viverrin,
  • Bakemono, un esprit de chat (à ne pas confondre avec le Nekomata, autre esprit félin),
  • Tsuchigumo, un esprit d’araignée,
  • Obariyon, un petit lutin qui se tient sur les épaules des mortels,
  • Ippon-Datara, un monstre cyclope et unijambiste,
  • Kodama, un esprit sylvestre,
  • Chimi ou Sudama, un esprit montagneux,
  • Makami ou Okami, un esprit de loup,
  • Inugami, un esprit de chien,
  • Onmoraki, un monstre mi-oiseau, mi-humain.

Les yōkai sont globalement malveillants et espiègles : leur rôle est d’expliquer les désagréments de la vie humaine. Toutefois, ils peuvent également porter chance à ceux qui en croisent. Leurs pouvoirs sont multiples, mais la métamorphose est un talent que beaucoup partagent (ils sont alors appelés obake).

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Mythologie japonaise : les grands mythes shintoïstes

Quels sont les grands mythes de la mythologie japonaise ? La mythologie japonaise regorge d’histoires mettant en scène les kami, comme ici avec Amaterasu !

La disparition de la déesse soleil

Revenons un peu aux dieux primordiaux et notamment l’un des plus essentiels : Izanagi. Après avoir enfanté Susanoo, Amaterasu et Tsuki-Yomi, il divisa le monde en trois royaumes que sa progéniture se partagerait : le ciel pour Amaterasu, la nuit pour Tsuki-Yomi et la mer (et donc la terre) pour Susanoo.

Ce dernier se sentit lésé par ce présent car lui aussi, il aurait aimé vivre au ciel. Il décida de dire un dernier au revoir à sa sœur Amaterasu avant de quitter les cieux définitivement. Par un habile jeu d’esprit, il parvint à se lier avec le ciel en obtenant de sa sœur 3 enfants célestes.

Cependant, cela ne lui suffit pas : il remonta au ciel pour avoir les pousses de riz de sa sœur. Celle-ci refusa et pour se venger, Susanoo balança le cadavre ensanglanté d’un poulain en plein milieu du palais de sa sœur !

Amaterasu en fut traumatisée et elle décida de se réfugier dans une grotte. Malheureusement, cela voulait aussi dire que le soleil avait disparu ! Les kami se réunirent alors pour trouver une solution car Amaterasu refusait de sortir. Finalement, ce fut Omoïkane-no-kami qui eut une idée. Avec l’aide d’Ame-no-Uzume, la déesse de la danse, ils parvinrent à faire sortir la curieuse déesse soleil aux termes d’un spectacle improvisé.

Pour Susanoo, la sanction tomba : il fut privé d’accès au ciel (l’échelle céleste est définitivement brisée), on lui coupa la barbe, les ongles des mains et des pieds.

Les aventures de Susanoo

Désormais coincé sur Terre, Susanoo se mit à voyager de par le monde pour découvrir son royaume. Il tomba bientôt sur une famille de kami terrestres dont le père était en larmes. La raison était que chaque année, un gigantesque dragon serpent maléfique du nom de Yamata-no-Orochi dévorait l’une de ses filles. Cette fois-ci, ce devait être le tour de Kushinada-hime.

Susanoo résolu de vaincre le serpent en échange de quoi il demandait la main de la jeune kami. Le père accepta aussitôt et le kami des tempêtes se mit au travail. Susanoo plaça devant les huit têtes de Yamata-no-Orochi huit tonneaux de saké distillé huit fois et le monstre se saoula très vite. Le héros en profita pour tailler le monstre en pièces. Du cadavre du serpent, il dénicha l’épée légendaire Kusanagi, aujourd’hui trésor impérial du Japon.

« D’un côté il est la contrepartie violente de la déesse soleil Amaterasu ; d’un autre côté, il est le héros qui élimine l’énorme serpent Yamata-no-Orochi et sauve la jeune fille des champs de riz » – Emilia Gadeleva

Le dieu de la fougue donna à sa sœur Amaterasu l’épée pour se réconcilier avec elle, puis part s’installer à Izumo avec sa nouvelle femme. Manquant de bois pour construire un palais, Susanoo arracha des poils de son corps pour les planter dans le sol, ce qui donna vie aux thuyas et aux camphriers.

Ayant terminé son œuvre sur Terre, Susanoo quitta la Terre pour rejoindre sa mère dans le Yomi.

Des kamis aux empereurs

Susanoo laissa sur Terre des descendants qui continuèrent à veiller sur son royaume. Les aventures qu’ils connurent furent toutes plus étranges les unes que les autres.

Grossièrement, nous pouvons résumer cette lignée à cette liste :

KamiParentéRôle
OkuninushiArrière-arrière-arrière petit fils de SusanooPerfectionne le monde, épouse Suseri-Hime en réussissant les épreuves de Susanoo, règne sur le Yomi après sa "mort"
TakeminakataFils d'OkuninushiCombat Takemikazuchi qui est venu le destituer de ses pouvoirs, perd et fuit
Ame-no-oshi-ho-mi-miFils de Susanoo confié à Amaterasu lors de l'échange initialEnfante un maître de la Terre légitime
NinighiFils de Ame-no-oshi-ho-mi-miMaître de la Terre institué par Amaterasu
Hiko-ho-ho-demi Fils de NinighiChasseur, perd le hameçon de son frère et matte sa révolte, ancêtre des empereurs
Ho-deriFils de NinighiPêcheur, se révolte contre son frère mais perd face aux armées des flots (amenées par la princesse de la mer)
JimmuPetit-fils de Hiko-ho-ho-demiPremier Empereur du Japon

Les Empereurs du Japon sont donc à la fois des descendants de Susanoo, mais aussi d’Amaterasu, bien plus prestigieuse. Ainsi, l’empereur du Japon actuel, Akihito, est un membre de cette dynastie d’ascendance divine !

Les japonais célèbrent leurs empereurs comme le prouve la fête nationale du Shōwa no hi qui rend hommage à l’empereur Hirohito le 29 Avril.

Entre rites et traditions : la survivance des croyances anciennes japonaises

Comme dit précédemment, le shintoïsme est encore très présent dans la tradition nippone. On le retrouve dans les fêtes, les évènements particuliers et la mentalité familiale des japonais. Ainsi, le mariage se base sur la doctrine shintoïste, tout autant que des rites spécifiques comme le Seijin Shiki (passage à l’âge adulte), le Setsubun (arrivée du Printemps) ou encore le Hina Matsuri (fête des poupées, consacré aux petites filles). Certains rituels de la culture japonaise rappellent encore plus les influences shintoïstes comme le Tanabata et le Hatsumōde.

Tanabata

Le Kimono ou le Yukata est le costume typique des célébrations japonaises, notamment l’été !

Aussi appelée la fête des étoiles, le Tanabata a lieu pendant les célébrations du Natsu Matsuri (les fêtes d’Été), généralement le 7 Juillet ou le 7 Août. On y honore la rencontre de deux étoiles : Orihime (ou Véga) et Hiko-Boshi (Altaïr) qui ne peuvent se retrouver qu’une fois par an, séparées le reste du temps par la voie lactée.

Ces festivités prennent leurs origines en Chine mais ont été transformées par les coutumes du shintoïsme. Selon la légende la plus répandue, il s’agirait d’une histoire d’amour entre une déesse tisserande et un paysan (bouvier) mortel. La déesse tomba amoureuse du mortel, descendit sur Terre et lui donna deux enfants. La mère de cette divinité finit par retrouver sa fille et la ramena au ciel. Les dieux séparèrent alors le ciel et la terre par une barrière infranchissable : la voie lactée. Toutefois, devant les pleurs des deux amants et de leurs enfants, les dieux accordèrent une permission d’un jour par an aux deux amoureux : le Tanabata.

Durant cette fête, plusieurs traditions sont pratiquées :

  • Le port du Yukata, un kimono léger,
  • La décoration des feuilles de bambou,
  • La rédaction de vœux sur des petits papiers, les tanzaku, que l’on accroche aux feuilles,
  • Pendant la rencontre des astres, Orihime et Hiko-Boshi sont censés réaliser les vœux des japonais,
  • Vers minuit ou le lendemain, on se débarrasse de l’arbre en le brûlant ou en le jetant dans le fleuve afin que les vœux se réalisent.

En conclusion : une bien belle histoire d’amour symbolisée par une fête à la belle étoile !

Hatsumōde

C’est lors du Nouvel An japonais que l’on célèbre le Hatsumōde, qui représente la première visite de l’année au temple shinto ou au temple bouddhiste. Cette visite rituelle doit respecter certains codes très précis :

  • Elle doit être effectuée dans les trois premiers jours de l’année,
  • On pratique une purification une première fois à l’encens,
  • On effectue une première prière, généralement pour la santé familiale ou la prospérité, les bonnes affaires,
  • On boit le premier saké de l’année (le toso) au sanctuaire ou chez soi,
  • On tire au sort une divination pour l’année : les Omikuji.

Devenu une pratique sociale importante, le Hatsumōde attire dans les temples la grande majorité de la population nippone pour un moment de convivialité, de partage et de folklore.

Pratiquer le shintoïsme au quotidien au Japon

Quelles sont les pratiques religieuses japonaises du quotidien dans l'archipel nippon ? Un proverbe japonais dit « on peut aussi bien prier une sardine, ce n’est qu’une question de foi ».

Les sanctuaires shintô

Lieux de culte par excellence dans la religion shintoïste, ces temples sont aussi appelés jinja. On y vénère un ou plusieurs kami en accomplissant plusieurs actes rituels ou en entretenant les bâtiments et monuments en leur honneur. Il existe plus de 80 000 sanctuaires au Japon, ce qui prouve l’intérêt porté à la religion shintoïste dans l’archipel !

A l’entrée de ces sanctuaires, on trouve souvent un torii, une arche rouge qui symbolise le passage d’un espace profane à une zone sacrée. On entre ensuite dans le complexe qui est composé de nombreux bâtiments comme le Kagura-Den (« palais de la danse rituelle »), le Shamusho (bureau du temple),  le Honden (temple principal) ou encore le Heiden (« bâtiment d’offrandes »).

A l’intérieur de ces lieux sacrés, on retrouve des prêtres, appelés kannushi ou shinkoku, mais aussi leurs assistantes, les miko. Le prêtre en chef est appelé guji. Les kami qui sont le plus souvent honorés par ces temples sont Hachiman, Ebisu, Inari, Sakuya, Susanoo, Tenjin ou même Ieyasu Tokugawa, un mortel !

Les rites de purification japonais

Il est d’usage de se purifier avant de pénétrer dans le sanctuaire en utilisant le chōzuya à l’entrée. Pour ce faire, les japonais utilisent une louche pour se laver les mains et la bouche. Cette mini-cérémonie se nomme Harae et permet de se présenter devant les dieux sans souillure.

La version plus élaborée de la purification rituelle est le Misogi, qui fait disparaître les impuretés (kegare) en se baignant sous une chute d’eau ou dans un cours d’eau. Par plusieurs gestes rituels, les mortels se lient aux kami et trouvent leur potentiel latent.

La tenue est assez légère et on imagine que l’eau n’est pas très chaude. Ils sont fous ces japonais !

Les Ema et les Nōsatsu : des pratiques régulières des shintoïstes

Dans le shamusho, chacun peut déposer une demande de prière rituelle : cela passe par une plaque en bois (les Ema) ou en papier (les Nōsatsu). Ces plaques contiennent des vœux et prières à l’attention des kami. Elles sont accrochées à l’entrée du sanctuaire, sur un portique.

Typiquement, les Ema représentent des chevaux car Ema veut littéralement dire « image de cheval », symbolique du sacrifice animal aux kami !

Dans le sanctuaire, il est aussi possible de récupérer des Omikuji, des petits papiers qui contiennent des divinations. On considère que ces prédictions sont les avis des dieux pour le futur de chacun.

Les grandes règles de la piété shintô

Il existe 4 grandes affirmations dans le shintoïsme :

  • La tradition et la famille,
  • L’amour de la nature,
  • La propreté physique et la pureté spirituelle (d’où la purification !),
  • Les Matsuri, festivals et fêtes japonaises traditionnelles qui honorent les dieux.

Globalement, les valeurs de la religion japonaise et celles qui se dégagent de sa mythologie sont la sincérité, la vertu et la connaissance du divin.

Le théâtre Nō : illustration des légendes japonaises

Découvrez le théâtre Nō, la dramaturgie mythologique et historique nippone ! La beauté des représentations théâtrales du Nō n’a pas son égal dans le monde entier ! (source : mad-movies.com)

Le théâtre traditionnel japonais du Nō est un style dramaturgique qui reprend de nombreux thèmes historiques et mythologiques au milieu de décors incroyables et à l’aide de costumes somptueux. La majorité des pièces sont des drames lyriques, ce qui rejoint en quelque sorte les tragédies grecques qui reprennent aussi les mythes !

Les origines du Nō

Les origines du théâtre au Japon se trouvent dans les danses rituelles et autres chorégraphies sacrées en l’honneur des kami. Parmi ces rites ancestraux, nous pouvons citer le Kagura, danse spirituelle et théâtrale.

La perte de leur symbolique purement religieuse au profit de plus d’esthétisme fit entrer le théâtre dans la culture populaire : ainsi, les danses n’étaient plus pratiquées pour les dieux mais pour les Hommes et notamment l’empereur (à partir du VIIIème siècle).

Ces danses devinrent progressivement des spectacles qui vers 1250 prirent le nom de Dengaku Nō tandis qu’une autre forme, plus comique et comportant des discours, vit le jour en parallèle, le Sarugaku Nō.

Ainsi, le Nō apparaît au XIIIème siècle et s’inscrit dans le folklore japonais que nous connaissons aujourd’hui !

Les types de pièces de théâtre

Comme dans la dramaturgie occidentale, le Nō se divise en plusieurs catégories de genres. Premièrement, il existe deux grands types de pièces : les Mugen Nō et les Genzai Nō. Les premiers sont les scénarios se basant sur des légendes, des mythes et mettant en scène des personnages irréels. Le second se base sur la réalité, le quotidien des Hommes.

Il existe 6 catégories majeures de pièces de Nō qui sont jouées lors d’une journée de Nō (par exemple le jour du Nouvel An) :

  • L’Okina ou Kamiuta, « la danse du vieillard », très chargée religieusement,
  • Le Kami Mono, le Nō des dieux,
  • Le Shura Mono, le Nō des guerriers,
  • Le Kazura Mono, le Nō des femmes,
  • Le Zatsu Mono, Nō variés,
  • Le Oni Mono, le Nō des démons.

Toutes ces catégories sont des Mugen Nō tandis que le Nō varié appartient généralement aux Genzai Nō. Entre dieux, guerriers héroïques, princesses et reines mythiques et démons légendaires, la mythologie japonaise est bien représentée dans le Nō !

Les grands types de rôles du Nō

Une troupe de Nō se compose nécessairement de plusieurs rôles plus ou moins importants pour les représentations théâtrales. Un ensemble de Nō se compose généralement de 25 acteurs et artistes dont voici les rôles les plus importants :

  • Le Shite, le protagoniste principal de la pièce, comédien et danseur,
  • Le Waki, l’élément « perturbateur » du scénario, médium entre le Shite et le public,
  • Les Tsure, personnages secondaires accompagnant les personnages de leurs chants,
  • Le Kōken, fournisseur d’accessoires et remplaçant du Shite au cas où,
  • Le Kyōgen-Shi, le personnage comique de la pièce,
  • Le Ji, le chœur,
  • Les Tomo, les serviteurs ou compagnons.

Cet art se transmettait de père en fils entre acteurs protégés par les daimyos et les shoguns !

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